Dimanche 4 novembre 2012
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Gérard Dalongeville, ancien maire PS d'Hénin-Beaumont (ici en août 2009, à Douai), est soupçonné de détournements de fonds
publics. Crédits photo : Asa Pictures/Libert Mikael/Asa Pictures/ABACA
in SLe réquisitoire du parquet de Béthune dans
l'affaire Dalongeville éclabousse plusieurs personnalités du parti.
Il a emprunté, quelques années après eux, le même passage souterrain que Bernard Tapie et Jacques Mellick aux pires heures de
leurs démêlés judiciaires passés.
Ce jour de décembre 2010, Gérard Dalongeville, ancien maire PS
d'Hénin-Beaumont, dont le nom, longtemps resté inconnu du grand public, devrait désormais durablement marquer le Parti socialiste, est passé directement, sous terre, du cabinet du juge à la maison d'arrêt de Béthune située à quelques centaines de mètres de là, pour
échapper aux photographes alléchés par le parfum de scandale. À travers la chute de l'élu venait de surgir, en germe, l'épineux dossier de la fédération PS du Pas-de-Calais.
Dans le sévère réquisitoire que vient de conclure le parquet de Béthune, dont Le Figaro a pris connaissance, le procureur
met à nu le fonctionnement délirant d'une mairie dans laquelle les fausses factures, les commissions et surfacturations se ramassent à la pelle. Il demande le renvoi en correctionnelle de 21
personnes, dont le maire, pour lequel la
liste des charges occupe à elle seule pas moins de six pages - faux, usage de faux, détournement de fonds publics, nombreuses factures supportées indûment par la commune.
Mais il implique également lourdement plusieurs personnalités PS du Pas-de-Calais, détaillant les troubles liens d'affaires
qu'entretenaient entre eux ces acteurs politiques… Ainsi de Claude Chopin, cheville ouvrière de la mairie, un homme qui a vu défiler plusieurs édiles sous son règne à Hénin-Beaumont, et de
Jean-Claude Bouche, fournisseur de la mairie mais aussi socialiste impliqué de longue date dans la vie locale. C'est beau la solidarité de la gauche !!!
Voyages en avion privé
Le document fait aussi apparaître noir sur blanc«un climat mafieux», écrit le parquet, entretenu par un sulfureux personnage
venu se greffer dans le Pas-de-Calais. L'homme, apporteur d'affaires à la mairie, qui extorque régulièrement des dizaines de milliers d'euros à ses interlocuteurs, porte l'improbable patronyme de
Guy Mollet (sans lien avec la famille de l'ancien dirigeant de la SFIO).
Le réquisitoire égrène les contrats passés avec la mairie dont les enquêteurs remettent régulièrement en cause les conditions,
l'effectivité ou, dans le meilleur des cas, l'utilité - la juge d'instruction a estimé de 900 000 à 4 millions d'euros les sommes litigieuses. Il y a ces voyages en avion privé, ou ces
multiples marchés passés avec des entreprises toujours désireuses d'acquérir au prix fort de pleines pages de publicité dans le Journal du pays.
L'une d'entre elles - une société belge - parvient même à facturer à la mairie des services en lien avec le journal, avant même d'être
créée. Un détail, quasiment, au regard des manipulations comptables hors normes et faux en quantité impressionnante que découvrent les enquêteurs.
Se soustraire au Code des marchés publics
De façon quasi systématique, les marchés sont «saucissonnés», une technique classique qui consiste à subdiviser le montant des
commandes afin de se soustraire au Code des marchés publics. Les contrats de surveillance («surveiller les pissenlits revenait cher», ironise un conseiller municipal auditionné), celui du
nettoyage, les illuminations de Noël, l'éclairage… tout y passe.
Les factures antidatées sont si fréquentes que les personnes interrogées par les enquêteurs ne prennent souvent plus la peine de les
nier.
Car l'essentiel ne se situe sans doute pas là. Si la lecture du réquisitoire semble démontrer que la mairie d'Hénin-Beaumont avait pris
le pli de choisir les fournisseurs les plus généreux, elle ne permet pas d'identifier clairement ni l'ensemble des décisionnaires ni, surtout, les bénéficiaires de cette éventuelle
corruption.
Pour sa défense, l'ancien maire renvoie vers ses services et essentiellement sur son premier adjoint Claude Chopin, de fait signataire
de nombreuses factures. Même lorsqu'il a lui-même paraphé, le maire explique ne pas avoir été informé. Manifestement, il n'a pas convaincu le parquet.
Mais pour les magistrats qui le jugeront en correctionnelle, il affûte d'autres arguments: il entend combler les creux de l'enquête -
par exemple, mettre en lumière ces mystérieux voyages au Luxembourg. Offrir une grille de lecture qui permettrait de tracer les fils qui partaient, selon lui, de sa mairie vers sa fédération. Ceux
que cherchent à établir, actuellement, les enquêteurs lillois qui travaillent sur quatre enquêtes préliminaires touchant des hommes de la fédération de Pas-de-Calais.
Voilà chers amis lecteurs, la malhonnêteté des gens que certains d'entre vous ont contribué à mettre au pouvoir en France. Et si on
revotait, vous feriez-vous avoir de la même manière ?
Elle est belle la gauche si propre. Coluche disait ça lave plus blanc que blanc, mais c'est quoi plus blanc que blanc ... gris clair
???
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