Vendredi 10 octobre 2008
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Patrick Poivre d'Arvor : « Ma vérité »
Pour la première fois, le journaliste parle du livre qu'il publie cette semaine pour partager sa version des faits après son «
éviction » de TF1. En exclusivité pour TV Magazine, Patrick Poivre d'Arvor lève le voile sur son dernier livre,
« A demain ! En chemin vers ma liberté » publié chez Fayard dès le 16 octobre. Des confidences faites pour expliquer aux téléspectateurs les vraies raisons de son départ précipité de TF1.
Entretien vérité.
Ce livre sort moins de trois mois après votre sortie. S'agit-il d'un règlement de comptes ?
Patrick Poivre d'Arvor : Pas du tout. Je raconte simplement de manière extrêmement factuelle ce qui s'est
passé lors de ce dernier mois. Mais le but du livre est ailleurs puisque je raconte mon chemin de Compostelle que je parcours chaque année depuis sept ans au rythme de 200 à 250 kms par an. Je l'ai
terminé cet été. C'est le début du livre.
Que s'est-il passé en chemin ?
Ce voyage est l'occasion pour moi d'évoquer quelques sujets et réflexions qui me viennent à l'esprit sur la vie, les médias, leurs rapports avec le pouvoir et sur TF1 en particulier.
Qu'avez-vous compris en marchant ?
Que la vie marche par cycles et c'est la fin d'un cycle pour moi, celui de Compostelle qui m'a toujours permis de me recentrer et celui de TF1 qui a duré vingt et un an, avec deux décennies
magnifiques, une dernière année moins passionnante et un dernier mois franchement désagréable.
A qui ce livre s'adresse-t-il ?
A tous ceux qui n'ont eu qu'une version de mon éviction. Et à tous ceux qui aimeraient savoir comment je fonctionne. J'aime bien arrêter les histoires. Celle-ci est maintenant derrière moi et je
suis en pleine forme. Mais je pense que pour solder définitivement une histoire, il faut la raconter. C'est ce que j'ai toujours fait, y compris dans les moments les plus durs de ma vie. J'ai
raconté Solenn quelques semaines après sa mort. Raconter, pouvoir tout coucher sur le papier est une thérapie formidable et une chance.
Thérapie, cela suppose donc que vous avez été blessé durant ce dernier épisode à TF1 ?
Il y a eu en effet une blessure. Dans le dos, par surprise. J'ai été agressé. Sur le moment, on ne vit pas cela très bien. Ce dimanche où j'ai appris par la presse -il paraît que cela se fait
beaucoup dans les entreprises de communication qui savent si peu communiquer- ce qui s'est tramé derrière mon dos et qui a abouti à mon éviction, j'ai fait une croix sur ces vingt et une années à
TF1 et j'ai décidé de passer à autre chose. Mais pour que tout soit parfaitement clair, il me fallait l'écrire avec une réflexion plus profonde sur le sens de mon métier de journaliste et du métier
singulier de présentateur. J'ai mis tout cela en rapport avec tout le reste de ce qui constitue mon propre monde et qui évidemment ne s'arrêtait pas à cet univers professionnel.
Avec cette histoire, avez-vous appris des choses sur vous-même ?
Oui. J'ai appris que je savais me tenir jusqu'au bout. Je n'ai jamais fait le quart d'une allusion à l'antenne durant tout le mois suivant cette annonce surprise.
Sauf le dernier soir...
Oui mais même le dernier soir je me suis parfaitement comporté vis à vis de la chaîne qui a été la mienne. On ne peut pas renier ce que l'on a aimé et il ne faut jamais dénigrer. Donc, je ne
dénigre pas, je raconte.
Quelle est cette vérité que vous souhaitez partager avec le lecteur dans ce livre ?
On lui a donné des explications officielles tellement confuses qu'il fallait bien que je donne les miennes.
Officiellement, TF1 vous aurait proposé d'autres fonctions...
On m'a débarqué d'abord tout en signant avec quelqu'un d'autre. Et seulement après, on a cherché à habiller dignement mon départ qui était en réalité programmé.
Mais pourquoi un avenir au sein de TF1 était-il impossible au-delà de l'antenne ?
Directeur délégué de l'information, numéro 2, j'avais toujours mon mot à dire sur l'information du temps de Patrick Le Lay, d'Etienne Mougeotte et de Robert Namias. Même indépendamment du 20h. A
partir du moment où l'on décide de se passer de mes services, piloter une réforme de l'info n'avait aucun sens puisque le pivot de cette réforme était de dégager PPDA. Je sais pourquoi j'étais là,
je sais ce que j'ai apporté à cette chaîne pendant toutes ces années avec la fierté de porter des chiffres exceptionnels, uniques en Europe. Ensuite, certains considèrent que ce n'est plus mon
temps et la patron fait ce qu'il veut mais moi, évidemment, je ne peux pas travailler avec des gens qui ne me considèrent pas.
Si la forme avait été différente, auriez-vous accepté ?
Si l'on m'en avait parlé longtemps à l'avance en me demandant d'y réfléchir et d'annoncer mon départ, cela n'aurait posé aucun problème.
Mais si ce départ s'est déroulé de cette manière, c'est bien qu'il y avait en réalité un problème d'hommes ?
Vous verrez dans le livre que ce n'est pas une question d'hommes. Ce sont forcément des raisons extra-professionnelles puisque professionnellement tout allait bien et en tous cas beaucoup mieux
qu'aujourd'hui.
Avez-vous beaucoup réfléchi avant d'exposer les vraies raisons de votre éviction ?
Oui. Je l'ai écrit parce que je pense qu'il faut toujours essayer d'être honnête vis à vis des gens. Je sais que c'est ce public qui m'a fait. Je ne suis pas un ingrat. Je sais que si cela a marché
si bien, s'ils étaient si nombreux, c'est d'abord grâce à eux. Donc, je leur dois ces explications. Le Pdg de TF1 s'est abondamment exprimé dans la presse fin août pour expliquer le choix d'un
changement à 20h et il me paraît normal que je donne mon point de vue.
La connotation religieuse de Compostelle est incontournable...
Sprirituelle en ce qui me concerne. Cette démarche m'a permis d'aller au fond d'une recherche personnelle. Je dis pourquoi je doute. Concernant l'existence de Dieu, je n'ai pas pu tout recouper.
Quand il m'arrive de vrais drames -pas aussi minuscules que mon éviction du 20h- comme la perte de deux de mes filles, il est certain que je m'interroge beaucoup. Dans ce livre, je montre comment
je mûri cette réflexion et où vont mes préférences. J'ai toujours dit par exemple que j'avais une énorme sympathie pour les hommes et les femmes de foi. Raison pour laquelle j'ai accepté de fêter
les 100 ans de Sœur Emmanuelle sur France 5, parce que je l'aime beaucoup. Cette femme m'a apporté énormément et m'a aidé à regarder la vie autrement. Mais je pourrais aussi citer le Père Pedro,
l'Abbé Pierre, Mère Térésa ou Jean-Paul II, autant de témoins qui m'ont impressionné. Pour autant, je dis avec honnêteté que n'arrive pas à avoir une foi totale. Mais je suis en quête.
Ce livre est-il dédicacé à quelqu'un ?
Oui, à deux personnes qui m'ont été très proches.
Pouvez-vous me lire un extrait ?
Non, top secret.
Le titre A demain ! En chemin vers ma liberté, suppose deux choses : votre retour à l'antenne et une liberté dont vous auriez été privé à TF1 ?
Quand je parle de liberté, je parle de ma liberté intérieure et personnelle. Mais le mot « chaîne » a son sens. D'une certaine manière, lorsqu'on travaille sur une chaîne, cela signifie que l'on
est enchaîné. D'autant plus si l'on a travaillé chaque soir à la même heure, sept ans sur la Deux et vingt et un ans sur TF1, soit vingt-huit ans de 20h ! On peut dire aussi que l'on m'a offert les
clefs pour me libérer de mes chaînes...
Merci Monsieur Paolini !
Oui, c'est parfait. Je crois que c'est une très bonne chose et vous verrez que dans ce livre il n'y a nulle aigreur. J'y exprime simplement des nostalgies. La rédaction de TF1 où j'étais immergé me
manque. J'étais aussi très attaché à l'excitation quotidienne de l'actualité. Mais finalement le sevrage, que j'avais connu une première fois en quittant la Deux, s'est bien fait. A l'époque,
j'avais eu beaucoup de bonheur à découvrir des tas de choses différentes. J'avais immédiatement rejoint le Journal du Dimanche et Paris Match, écrit des livres, tourné des films et fait des tours
du monde en train. Le champs des possibles est immense.
Où en êtes-vous avec TF1 ?
Les avocats ont échangé et j'ai même renoncé à mon dernier mois de préavis. J'avais envie d'être libre de mes mouvements.
Vos proches ont-ils lu et commenté ce livre ?
Non, aucun. Seul mon éditeur Claude Durand (Fayard) l'a lu et, apparemment, il a beaucoup apprécié l'écriture.
Vous avez répété plusieurs fois que vous pourriez revenir là où l'on ne vous attend pas. Où ?
Déjà RTL et cette émission On refait le monde où l'on donne son opinion est assez nouvelle puisque l'exercice du journal m'empêchait de le faire. Ensuite, pour Paris Match, je suis parti aux
Marquises sur les traces de Jacques Brel avec sa veuve, trente ans après sa mort. Dès janvier-février, je travaillerai également dans deux chaînes de télévision. Mon choix est fait et je
l'annoncerai mi-octobre. Je vais prendre en mains une agence de presse, une société de production pour créer mes propres reportages qui seront diffusés dans les émissions que je présenterai. J'ai
beaucoup de plaisir à découvrir de nouveaux métiers. Parmi les très nombreux et beaux projets que l'on m'a proposés...
Combien ?
Des dizaines. Cela allait de la direction de plusieurs grands organes de presse à des émissions de radio et de télévisions sur une douzaine de chaînes. Toutes sauf TF1 et LCI.
Le challenge M6 et son nouveau JT était un beau challenge, non ?
Revenir au journal aurait été une forme de revanche. Ce que je ne souhaitais pas du tout.
Côté livres, d'autres projets sont en cours...
Plusieurs, oui. Une anthologie de la poésie française contemporaine (Cherche Midi éditeur), un roman ainsi qu'un livre jeunesse sur le mystère des pirates et des corsaires (Albin Michel Jeunesse)
que j'ai écrit avec mon frère. Il raconte les aventures d'un petit garçon prénommé François, comme le mien, qui raconte toutes les aventures qu'il a vécues.
Vous soutenez également une émission sur Gulli...
Je pense que nous avons ce devoir d'échanger et de transmettre nos passions aux jeunes générations. C'est ce que je fais en parrainant bénévolement l'émission Qui l'a lu ? sur Gulli.
Votre fille a accepté d'écrire une « lettre à mon père » où elle explique pourquoi elle a réalisé un portrait de vous pour France 5 (A voir sur France 5 le 17 octobre à 20h35 dans la
collection Empreintes).
Sympa ! Je crois que c'est une première pour elle. Je n'ai toujours pas vu le résultat final de son film mais je lui ai toujours dit qu'elle était totalement libre de tout ce qu'elle souhaitait
montrer ou pas. J'en ai beaucoup plus dit avec elle que je ne l'aurais fait avec un autre réalisateur.
Parce qu'il est plus facile de parler à son enfant ?
Pas très facile mais elle a su me prendre.
Comment ?
D'abord, elle est très exigeante. Dorothée a déjà une bonne centaine de documentaires derrière elle. Elle m'a beaucoup poussé et même tanné pour être franc. Elle avait d'ailleurs terminé son film
lorsque est arrivée cette nouvelle, telle une cerise sur le gâteau. Du coup, elle a suivi des situations uniques dans les coulisses de cet épisode jusqu'au dernier jour.
Si ce départ était à refaire, comment l'imagineriez-vous ?
J'aime bien que les choses se fassent dans la dignité. Je comprends (sourire) le combat de ceux qui militent pour mourir dans la dignité et je pense que l'on pourrait en créer une autre pour partir
dans la dignité. Ce n'est vraiment pas impossible, surtout dans notre métier que j'adore.
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Publié dans : BLOGZINE
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Tu auras tout le temps de lire ce qui t'intéresse.
Bisous et bon week-end
je me suis laissé dire que PPDa avait eu des soucis avec la justice, il y a plusieurs années.
en parlera-il dans son livre, j'en doute
bonne nuit, Stella
Mes photos de famille sont des instantanés, des moments de vie dont j'ai envie de m'imprégner car cela me rend forte.
Merci Charles de ton passage, je te souhaite un très bon week-end
mais c'est pas du jeu de le faire en plusieurs fois !
Pauvre PPDA, ils ne se sont pas comporté élgamment envers lui ces gens de TF1 !
je connais sa petite maison en Bretagne à Tregastel, derrière le château d'Este, dans les gros rochers - magnifique le lieu !
(psst - merciii pour tes votes VNB, tu revotes quand tu veux !)
Par contre, PPDA n'a pas été très élégant dans ses propos à l'encore de Laurence Ferrari : à chacun ses faiblesses et ses travers.
bon we Melly
Je crois que je vais acheter son livre..J'ai bien envie de faire mienne ce qu'il dit : "coucher sur le papier nos mots, maux, pour pouvoir passer à autre chose"..Moi-aussi, je pense que nous avons plusieurs étapes dans une vie...Là, je suis en train de me chercher et de me demander ce que je vais faire de ma prochaine étape, en espérant que le cancer n'aura pas ma peau...
Enfance, adolescence, vie de femme mariée avec enfants, vie sans les enfants, vivre après un cancer..J'en suis donc à la 5e étape....La + dure, jusqu'ici....quoique, mon adolescence, je l'ai très mal vécue...La 6e, celle de la vieillesse ne m'emballe pas trop non plus, quand je vois tous ces vieillards si malheureux...
Moi non plus la vieillesse ne m'emballe pas mais, on peut arriver à transcender toute situation. Aujourd'hui, à 60 ans, bien sûr je préfèrerai en avoir 40 ans, mais voilà, c'est impossible. ALors autant accepter et en tirer ce qu'il y a de positif. Je me sens plus sereine qu'avant, plus philosophe, normal, ce sont les leçons que la vie se charge de vous donner qui nous font avancer. Je ne pense pas trop à ce que pourrait être la suite, je vis le moment présent comme un cadeau du ciel, même si le couperêt de la maladie est là, immuable.
Il faut prendre chaque moment comm'il vient, et se dire qu'on le vit à fond comme si c'était le dernier afin de ne pas avoir de regrets.
Bisous ma Juju, bon week-end
...of cour'se, ça ne reste que mon humble avis sur PPDA
Bises
je ne savais pas qu'il avait pris le chemin de Compostelle, un de mes rêves mais bien sûr en plusieurs étapes :))
sinon, je le connais peu, le journal de la 1 je l ai peut être vu une dizaine de fois et encore...c était un journaliste mais aussi un écrivain, sa vie riche mais douloureuse lui a sans doute enseigné beaucoup de choses qu'il peut
transmettre plus facilement dans un livre qu'à la télé
bisous ma Stella et bonne journée
Certains (es) penseront peut-être que la modernité ne va pas avec mon esprit jugé parfois réactionnaire par les uns ou les autres.
Tant pis, cela me plaît, et c'est bien l'essentiel.
Je suis très vieille France pour certaines choses (notamment l'éducation, le respect...) mais je suis aussi très moderne pour d'autres.
En ce qui concerne PPDA, il a résidé quelques jours en Aveyron cet été.
Bisous Kéline.
pour ne pas oublier, félicitations pour la nouvelle présentation de votre blog, j'aime beaucoup.
Un peu moins ppd'A.
les journalistes ne sont pas propriétaires de leur média.
20 ans de gloire, de très bons salaires ne lui suffisent pas?
Quant à le vieillesse, elle sera comme nous sauront la faire,
sauf cas exceptionnels, notre moral est important, et nous pouvons décider, au moins de sourire,au lieu de pleurer non?
Je pose la question, mais j'imagine la réponse de la femme courageuse et positive que vous êtes.
Pensées les plus amicalement choisies
Bernadette
Bien qu'étant réputée "femme forte", il m'arrive de pleurer, mais je me reprends vite car je déteste la faiblesse et l'apitoiement. Nous avons toutes et tous nos faiblesses, l'important est de le savoir et de parvenir à les maîtriser.
Merci infiniment Bernadette, bon dimanche
Stella, je viens de recevoir ta réponse à mon com..Tu me demandais ce que je pensais de cette façon de recevoir des mails d'over-blog à chaque fois..Pas mal comme dirait un d'jeune, sauf, que ça a aussi son revers, car, nos visiteurs risquent de ne + lire les autres coms...Et, peut-être qu'à la longue, ça vous nous barber...
J'ai lu sur le blog de Marie qu'à l'heure actuelle, elle doit avoir la tête dans les nuages..Bon voyage à elle...
Je te souhaite un bon dimanche Juju, je pense aussi à Marie.
Je n'aime pas beaucoup Laurence Ferrari. Elle m'agace vraiment avec ce sourire constant et inexpressif collé sur un visage de cire.
Cela dit, heureusement qu'il n'y a pas que les journaux télévisés pour s'informer, car, on mourrait tous idiots.
Je n'aime pas beaucoup Laurence Ferrari. Elle m'agace vraiment avec ce sourire constant et inexpressif collé sur un visage de cire.
Cela dit, heureusement qu'il n'y a pas que les journaux télévisés pour s'informer, car, on mourrait tous idiots.
Moi je lis beaucoup aussi la presse étrangère, le Time magasine, et les sites d'infos en ligne, Anglais, Belges, Suisses, Israëliens et Américains.
Tu as raison, on mourrait tous idiots si on n'allait pas soi-même à la pèche à l'info !
Merci CLo