Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Vous ne connaissiez peut-être pas ce merveilleux poème qui porte mon prénom : rassurez-vous je n'en suis pas l'instigatrice, en 1853 ... je n'étais pas née. Mais voilà, j'ai envie de vous le faire connaître car c'est une poème d'espoir.


Je m'étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve,
J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente.
L'astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C'était une clarté qui pensait, qui vivait ;
Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ;
On croyait voir une âme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain,
Le ciel s'illuminait d'un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
Des goélands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l'étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle;
L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l'étendue.
L'herbe verte à ses pieds frissonnait éperdue,
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s'éveillait me dit : C'est l'étoile ma sœur.
Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile,
J'entendis une voix qui venait de l'étoile
Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord.
Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort.
J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette,
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
O nations ! je suis la Poésie ardente.
J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante.
Le lion Océan est amoureux de moi.
J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits ! montez sur la tour, sentinelles !
Paupières, ouvrez-vous ! allumez-vous, prunelles !
Terre, émeus le sillon ; vie, éveille le bruit ;
Debout, vous qui dormez ; car celui qui me suit,
Car celui qui m'envoie en avant la première,
C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière !


Victor Hugo, Les châtiments, Livre VI « La stabilité est assurée », XV, 1853.


 

 

Ven 15 mai 2009 10 commentaires
tu as bien fait de nous le faire découvrir, il n'y a dans ce poème que des images de nature, d'animaux, d'amour et d'espoir et quelles images !
elle est belle, si belle la poésie du grand génie que fut Victor Hugo
gros bisous ma chère Stella
kéline - le 15/05/2009 à 13h32
Cet homme irremplaçable a laissé un héritage culturel immense. Il est mon poète préféré, et je connais son oeuvre en quasi-totalité.
Merci d'être passée et ravie que tu ais aimé.
Stella Vidal
quand j'ai reçu ton mail, j'ai envoyé à nouveau mon com et en effet ça maaaarche !!!
bisous
kéline - le 15/05/2009 à 13h34
Dur dur O.B. Kéline.
J'essaie de faire un petit tour chez les blogs amis, et j'ai beaucoup de mal à laisser des coms. Dommage car le week-end, je n'aurai surement pas le temps. Bisous
Stella Vidal
Quel beau texte , un choix superbe... Victor Hugo , tu es gatée bises stella
canelle56 - le 15/05/2009 à 13h59
J'aurais bien aimé qu'une personne talentueuse écrive ce poème pour moi, mais en vrai !
Gros bisous et merci Canelle
Stella Vidal
je ne connaissais pas
ces mots te vont si bien

merci de nous faire connaître "Stella"

bon week-end
ici il pleut comme vache qui pisse !
Michèle - le 15/05/2009 à 17h53
Bonjour Michèle et merci.
Je suis contente d'encore découvrir des poèmes ignorés de ce grand poète et de les faire partager.
Stella Vidal
Coucou Stella,
non, je ne connaissais pas ce poème...très beau poème, mais c'est normal, avec un tel prénom....

J'espère que tu es en pleine forme, pour moi ça va, j'ai un peu plus de temps en ce moment, alors j'en profite pour blogguer un peu....

Je te souhaite une bonne soirée et t'envoie pleins de gros bisouuuuuuuu
Miriel - le 15/05/2009 à 19h04
Bonjour chère Miriel,
c'est toujours un plaisir de te voir sur les blogs. Tu vois, même si nos visites sont espacées pour diverses raisons, l'essentiel est qu'on ne s'oublie pas.
Je te fais de gros bisous et te souhaite un bon week-end.
Stella Vidal
Bien sûr que tu es "une Etoile", Stella, c'est une évidence (je ne plaisante pas) (nous sommes tous des petites Etoiles, n'est-ce pas ? )
Melly - le 16/05/2009 à 00h54
Dis comme ça, c'est trop mignon : tu as raison, chacun est une petite étoile, je n'oublierai pas la formule.
Gros bisous, bon week-end, prends soin de toi.
Stella Vidal
Très joli ! Je ne connaissais pas ... Merci pour ce partage. Je trouve que ce poème te sied à merveille.
Bon week-end ! Bisoux.
dom - le 16/05/2009 à 07h05
Très joli ! Je ne connaissais pas ... Merci pour ce partage. Je trouve que ce poème te sied à merveille.
Bon week-end ! Bisoux.
dom - le 16/05/2009 à 07h06
Merci pour le compliment chère Dom, est-ce que je le mérite vraiment ?
Gros bisous, et passe un bon week-end.
Stella Vidal
c'est vrai que c'est un très beau poême!
biz=)
Tristana...^^... - le 16/05/2009 à 09h25
Ben oui, c'est du Victor Hugo !!! une sacrée référence.
gros bisous et bon we
Stella Vidal
Victor Hugo a toujours su posé les mots qu'il fallait. Les mots qui touchent et dont on se souvient
Bises Stella
Nettoue
nettoue - le 16/05/2009 à 17h06
Ce que tu dis est vrai. Un choix et une justaposition des mots qui ne sont que talent.
Bisous
Stella Vidal