Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur
Au lendemain du succès des Verts aux européennes, le chef de l'État a redit son engagement en faveur des énergies renouvelables.
Mais Nicolas Sarkozy s'était juré de faire mentir ceux qui prédisaient qu'il ne pourrait s'empêcher d'afficher publiquement son
triomphe. Interrogé sur le succès de l'UMP, il s'est contenté de répondre : «On va prendre le temps de réfléchir.»«Il y a le temps de l'élection pour nous départager, mais après il faut
travailler ensemble pour résoudre les problèmes», a-t-il ajouté un peu plus tard. Et puis c'est tout.
Mais, par son attitude et ses propos, le chef de l'État n'en a pas moins montré qu'il avait parfaitement entendu le message des Français dimanche. Et il leur répond
que le premier écologiste de France, c'est lui. On l'avait rarement vu aussi pénétré de son sujet, au point de se transformer en militant des énergies renouvelables et de la biodiversité. Il a au
passage fait l'éloge du film Home de Yann Arthus-Bertrand, en justifiant le choix de
France 2 de le diffuser deux jours avant le scrutin. «Il faut aussi le voir dans sa version longue !», s'est-il exclamé. Ce week-end déjà, il avait donné le DVD du film, sous-titré en
anglais, à Barack Obama.
L'homme de l'atome et du photovoltaïque
Plutôt que de sortir de sa manche des annonces spectaculaires, Sarkozy a d'abord souligné que son quinquennat avait commencé à verdir
dès 2007 : «Le Grenelle I sera voté d'ici à quelques semaines. Le Grenelle II, avant la fin de l'année», a-t-il juré. Il a aussi affirmé qu'il fallait tirer deux leçons de la
crise : «La première, c'est la régulation financière et la seconde, c'est la croissance verte», a-t-il expliqué.
Sur ce chapitre, il a voulu apparaître aussi bien comme l'homme de l'atome que du photovoltaïque : «Nous devons prendre des décisions pour que les énergies renouvelables soient aussi
importantes que celles qui ont été prises par de Gaulle dans les années soixante en faveur du nucléaire», a estimé le chef de l'État pendant la table ronde. Il était accompagné, en l'absence
de Jean-Louis Borloo, par la secrétaire d'État au Développement durable, Chantal Jouanno, et de
Michel Barnier, longtemps élu de la Savoie. Il en a profité pour envoyer quelques messages codés à propos du remaniement : «C'est un problème français que la rupture de la continuité dans
l'effort», a-t-il expliqué à propos des changements d'équipes trop fréquents, en évoquant Jean-Louis Borloo, que certains annonçaient partant du ministère de l'Environnement. Chantal Jouanno, de
son côté, a plutôt évoqué l'idée de promouvoir ce ministre au rang de vice-premier ministre, comme l'avait demandé Nicolas Hulot durant la campagne présidentielle.
Le président de la République a aussi rappelé qu'il fallait veiller à la cohérence du projet écologique, à tous les étages : «J'ai refusé l'exploitation des mines d'or en Guyane française
pour protéger la biodiversité : quand on a fait le choix de la croissance durable, n'envoyons pas de symboles contradictoires», a-t-il lancé. Une précision qui, pour beaucoup, exclut une
éventuelle entrée au gouvernement de Claude Allègre. «Le président est encore capable de prendre tout le monde à contre-pied», prévient tout de même l'un de ses conseillers.
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