Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur

Opposition à Obama : le réveil des républicains
Des manifestants républicains, opposés aux réformes sur la santé proposées par l'Administration Obama, patientent devant l'hôtel de ville de Bellefonte (Pennsylvanie) le 12 août dernier, avant être reçuspar le sénateur Arlen Specter, ancien conservateur passé dans le camp démocrate. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS Avec le débat sur la réforme de la santé, l'opposition a flairé une occasion unique de détruire l'image d'Obama et de trouver un second souffle.

On disait les républicains «lessivés», voire «menacés d'extinction» à la manière de ce vieux parti Whig, qui disparut un jour des écrans radars de la politique américaine sans crier gare. Le triomphe de Barack Obama paraissait annoncer une longue et aride traversée du désert. Déstabilisé par le rejet de l'ère Bush qui parcourt la société, (pourtant pas à juste titre, on reconnaîtra les choses à leur juste valeur quand les passions seront retombées) le Grand Old Party (GOP) en était réduit à remuer nostalgiquement ses souvenirs de la révolution conservatrice de l'époque Reagan, désormais vue comme un âge d'or.


Au mois de mai, la défection du sénateur républicain modéré Arlen Specter vers le camp démocrate, parce qu'«il ne trouvait plus sa place» dans un parti ayant viré à droite toute, accentua encore le sentiment de déroute. Ce départ «soulève de profondes questions sur la viabilité du Parti républicain», lança la sénatrice de droite centriste Olympia Snowe.


Mais soudain, cet été, avec la vague montante d'opposition à la réforme du système de santé lancée par l'Administration Obama, des vents plus cléments se sont mis à souffler sur le camp conservateur, qui se reprend à croire à un retour en grâce inespéré.


C'est venu d'un coup, pendant les meetings d'explication lancés en juillet et en août par les congressmen et sénateurs démocrates à travers le pays. Flairant là une occasion rêvée de détruire l'image d'Obama dans une population traditionnellement opposée à toute emprise excessive de l'État, les organisations les plus influentes de la droite américaine et leurs relais médiatiques de la télévision Fox News ont sonné la charge.


L'option d'assurance publique facultative proposée par Obama a été érigée en «danger mortel». Des tracts présentant le président avec des moustaches de Hitler se sont mis à circuler dans les réunions, pour dénoncer le péril d'une «médecine socialiste» à la française, à la britannique voire à la chinoise, trois systèmes pourtant bien différents les uns des autres.


Sarah Palin, sorte de Ségolène Royal inversée drapée dans les «valeurs sociales conservatrices», est montée au créneau, n'hésitant pas à comparer le chapitre du projet consacré à la fin de vie à des «tribunaux de la mort» prêts à euthanasier les seniors… Cette proposition de loi sur le remboursement d'une consultation totalement volontaire destinée à prévoir des soins palliatifs plutôt qu'un acharnement thérapeutique avait pourtant été présentée par... le républicain Johnny Isakson.


Même Chuck Grassley, membre éminent du GOP, présenté comme un modéré, s'est aligné sur les accusations de Sarah Palin ; jugeant qu'il «n'était pas possible d'accepter un plan d'assurance publique qui puisse décider de débrancher grand-mère». Les républicains se «palinisent», en déduit l'analyste Harold Meyerson dans un récent article du Washington Post.


«Une vraie chance à saisir»

Au départ, l'équipe d'Obama a pensé que l'attaque était trop caricaturale pour ne pas rester marginale. Mais au fur et à mesure que le débat montait, les critiques ont instillé doutes et peurs dans les esprits, faisant boule de neige.


Des opposants à la réforme ont convergé vers les meetings des responsables démocrates pour crier leur attachement au statu quo. Des retraités ont dit refuser de perdre leurs acquis au bénéfice d'une réforme coûteuse. Dans l'ensemble, la foule des protestataires est blanche, d'âge supérieur à 40 ans et en colère, ont rapporté les journaux. «Pourquoi devrions-nous payer pour ceux qui ont fait les mauvais choix ? Nous ne voulons pas d'une société d'assistés à l'européenne, tempêtait un certain Thomas, à Philadelphie. C'est un écart fondamental avec la philosophie de nos pères fondateurs. Et cela va couler l'économie», insistait-il. Il y avait là aussi Kevin, un ancien militaire qui cachait mal son aversion pour Obama, «un type n'ayant aucune compétence» élu «grâce à l'appui d'Internet». «Il y a eu de la fraude pendant son élection. Le mouvement noir des Black Panthers est venu menacer les électeurs de représailles dans un bureau de vote de Philadelphie s'ils ne votaient pas Obama», accusait-il.

 

Au-delà du dossier santé, c'est toute une Amérique blanche et inquiète du tremblement de terre culturel que représente l'émergence du phénomène Obama qui semblait se réveiller après le K.-O. de novembre 2008. «C'est la rencontre d'une minorité paranoïaque et d'un Parti républicain prêt à jouer de cette paranoïa», résume, inquiet l'économiste Paul Krugman, un libéral de gauche.


Dans le camp républicain, on parle plutôt du basculement de l'opinion comme d'une «vraie chance à saisir», pour tenter de gagner les élections de mi-mandat en 2010, comme ce fut le cas en 1994, où les républicains raflèrent la mise un an après l'arrivée de Bill Clinton. «Obama a commis une lourde erreur en pensant que la population était prête pour des réformes révolutionnaires», explique au Figaro l'ancien parlementaire du GOP Tom Davis. «Ce que les gens ont rejeté, c'était Bush, pas les fondamentaux de l'Amérique», renchérit Gary Schmidt, expert en stratégie au think-tank conservateur American Enterprise Institute.


«La population rêvait d'une bouffée d'air frais. Mais ils découvrent un agenda trop à gauche à leur goût», confie pour sa part le républicain de l'Iowa Kim Schmett. «Les Américains n'aiment pas les extrêmes, ils s'efforcent de remettre le débat au centre», ajoute l'ex-ministre du Commerce de George W. Bush, un républicain modéré, Carlos Gutierrez.


Sarah Palin

Préoccupés par la domination des conservateurs sociaux type Palin, les modérés comme Tom Davis sont persuadés que le parti doit repartir «d'urgence» à la conquête des électeurs indépendants, «en mettant en orbite des candidats centristes». Républicain modéré, Carlos Gutierrez estime que les Républicains doivent revenir aux «fondamentaux de l'idéologie conservatrice» sur la responsabilité fiscale, en se saisissant du «problème majeur du déficit budgétaire, qui est l'un des plus élevés au monde» : «Parler de tribunaux de la mort, c'est le mauvais angle d'attaque.

Le sujet, c'est le coût de la réforme de la santé pour notre économie. La population exprime clairement son inquiétude. C'est notre chance.» Exaspéré par le «kidnapping» du mouvement conservateur par les «excités sans culture» de Fox, l'ancien conseiller de Reagan, Richard Allen met en garde contre une attitude visant à «la destruction politique systématique d'un président américain». «Son échec total sera aussi celui de l'Amérique, et donc des républicains», insiste-t-il.

En attendant, wait and see, le conservatisme républicain va renaître de ses cendres et jouera son rôle d'équilibre dans une Amérique idolâtrant par trop son Président qui n'a pas de baguette magique. L'Obamania est en train de régresser.




Mar 25 aoû 2009 8 commentaires
Quel tempérament, et quelle force!!! Bravo Amitié de Vaporchidhoya
Vaporchidhoya - le 25/08/2009 à 21h20
Hey vous ... Je ne vous connais pas mais je suis contente de votre passage et surtout ... de votre message. Revenez quand vous voulez, bonne soirée !
Stella Vidal
Merci pour ce récapitulatif de ta version Obama & Co !

j'ai l'impression que la belle Sarah Palin te ressemble un peu phusiquement, non ?
Melly - le 25/08/2009 à 22h33
Merci de ton message chère Melly. Je ne crois pas ressembler à Sarah Palin, car je suis blonde (enfin blanche maintenant) et enrobée, ce qu'elle n'est pas !
Bisous Melly
Stella Vidal
salut
poses toi une question : est-ce que notre sécurité sociale va tenir longtemps ?
bonne journée
bunny le chti - le 25/08/2009 à 23h53
A ce régime-là, je ne crois pas Bunny. Il faut des mesures drastiques ou le système va imploser. Merci de ton passage, gros bisous
Stella Vidal

Bonsoir Stella, en Amérique les rôles sont inversés ou plutôt les modes. Ce qui se traduit par (pas touche à mes habitude, tout va très bien comme cela) Egalement « chacun pour soi et Dieu pour tous s’il le veut bien » et qui veut dire en clair (chacun sa merde). Cette mentalité n’est pas le seul fait des seuls Américains, en France également, certains partent du même principe. Stella est-tu prête à prendre le pari qu’Obama va malgré tout réussir envers et contre tous ?

En France l’opposition n’a de cesse que de critiquer tout ce que fait la législature actuelle en place et vat jusqu’à (comble de l’hypocrisie) accuser le gouvernement de ne pas tenir ses promesses en matière de réforme. (Ce qui était le thème de campagne de Ségolène la Royale pour les municipales) c’est grâce à cela que la gauche a gagné les municipales et cantonales.

En Amérique, c’est le parti Républicain (Nationalistes Républicains et extrême droite) qui se comporte comme la gauche Française. N’oublie pas, les Démocrates Américains ne sont pas des Socialistes contrairement à ce que pensent certains, par contre les Socialistes sont à la remorque des Démocrates. Quoi qu’il en soit je vote Obama na !!!

Dis-moi la photo de Sarah Palin date d’une dizaine d’année non ???  

Christian-Bernard Vidal (papy) - le 26/08/2009 à 00h08
Passage rapide : problèmes techniques ...
Bon mercredi ! Bisoux.

dom


dom - le 26/08/2009 à 11h03
Tu sais bien Dom que tes visites sont toujours appréciées, et même quand tu ne viens pas ce n'est pas grave. Tu me pardonnes bien mes absences !
Bisus à toi et bonne journée
Stella Vidal
si la france est impossible à gouverner...en serait-il de même pour les E.U ?

Par ailleurs je te remercie de noter la nouvelle adresse de mon blog "balourdises"

à savoir dubruel.over-blog.fr 

amitiés
charles

pour relire mes 1900 anciens articles, ilfaut se brancher sur "etoile-blog"
et cliquer sur l'avant dernière ligne de la page 
dubruel - le 26/08/2009 à 12h30
Merci pour toutes ces infos Charles, merci de ton passage. Mes apparitions bloguesques seront cahotiques encore pendant plusieurs mois. Merci de bien vouloir m'en excuser.
Stella Vidal
Stella je ne serai vraiment de retour que lundi mais je voulais surtout venir te déposer une grosse dose d'amitié remplie de courage pour aider ta maman mais je sais qu'avec tout ton amour .... surtout aussi près de toi mais une maman c'est précieux ! je t'embrasse ma belle
fab - le 27/08/2009 à 10h37
Bonjour Fab, je ne suis pas présente souvent, et pense que cela durera encore quelques mois ainsi. Mais je n'oublie pas mes amies du Net !
Stella Vidal
Notre sytème de santé bat sérieusement de l'aile et en Amérique, Obama en voudrait un..Il s'attaque à un gros morceau..
Moi, je dis : "touche pas à ma sécu"...A ce propos, j'aimerais bien savoir où va notre argent..Plus on nous augmente nos prélèvements, + la sécu est dans le rouge, voir le noir..¨Peut-on tout mettre sur le dos du chômage ! En ce moment, ce sont les classes moyennes qui trinquent pour tout le monde..
J'aimerais bien connaître le système de santé chinois..Serait-il meilleur que le nôtre ?
juju - le 27/08/2009 à 13h15
Je ne sais pas si le système chinois est meilleur que le nôtre, j'aurais du mal à en parler car je ne le connais pas suffisamment.
Par contre, je pense que la sécu souffre des excès et du gâchis générés par les uns et les autres : l'hôpital en première ligne qui fait et refait examens déjà fournis pour encaisser des actes, facture à tour de bras ce que les cliniques privées ne font pas et pourtant font des bénéfices. Elle souffre aussi de tous les branleurs qui tirent sur son dos en arrêts maladie non justifiés, de tous les escrocs qui en profitent en truquant les cartes vitales pour faire soigner les familles vivant à l'étranger etc...
Commençons à faire le ménage, un vrai ménage, et on y verra plus clair !
Merci Juju.
Stella Vidal