Stella Vidal : mes coups de gueule et coups de coeur
Ce pourrait être l'histoire de n'importe qui dans le monde, ce pourrait être la mienne, la vôtre, peu importe, c'est une histoire vraie dans son sens allégorique, comme il s'en passe
tous les jours sur notre planète, une histoire qui mérite réflexion, genre parabole, excusez-moi du peu !
Il y avait une foule qui marchait, hommes femmes et enfants, dans le même sens, tendant vers un même but, celui qu'on leur montrait, n'ayant pas d'alternative que de suivre ce chemin. Bien sûr, parmi eux, certains n'étaient pas d'accord, ils auraient voulu rebrousser chemin et se diriger ailleurs, mais il fallait qu'ils soient coulés dans le même moule de convenances d'obéissance et d'hypocrisie, et ils étaient contraints de suivre au risque de se faire piétiner. Cela aurait pu se passer dans les années soixante, dans le cercle de la petite bourgeoisie de province française, avant la mutation extraordinaire qui s'en est suivi dans l'évolution de notre société, tant au niveau des moeurs que de certains libertés individuelles (l'après soixante-huit)
J'aperçus une fille au milieu d'un groupe qui semblait être sa famille au sein de cette foule, elle semblait se hisser sur la pointe des pieds, elle levait le poing, elle cherchait à se faire remarquer, mais personne n'y portait attention. Je finis par pouvoir l'observer, mais trop loin pour agir. Elle avait le visage anxieux, douloureux, la contrainte morale, psychologique était en train de la détruire, elle la subissait, atteinte inexorablement d'un mal incurable, le déni de sa personnalité, de son moi profond, la destruction de sa tentative de construction.
Elle refusait farouchement cet état, elle voulait s'évader, tout en elle appelait à l'aide pour qu'on l'extirpe de cette foule, mais dans son élan pour s'en sortir elle trébucha, essaya de se retenir, en vain, tout le monde autour d'elle feint de ne pas la voir. Elle s'écroula et la foule continua de marcher, indifférente et elle fut piétinée.
Elle ne releva jamais complètement de cette expérience, sa chair et son esprit étaient devenus douleur à jamais, personne n'en eut conscience, personne ne le comprit. Aucune main ne se tendit, seule, elle continua seule, essaya tant bien que mal de cacher sa souffrance, si bien qu'elle se forgea une carapace indestructible dont elle seule avait la clé. Sa vie fut et est encore un long fleuve de sang et de larmes, de cicatrices jamais refermées.
Si vous la croisez, ne lui offrez ni votre compassion, ni aucun « yaka » ou « t'avais ka », elle ne le supporterait pas, elle risquerait de ne plus pouvoir contenir la haine qu?elle a passé sa vie à tenter de réfréner et vous piétinerait à son tour.
J'aimerais simplement lui dire « Epargne-toi du moins le tourment de la haine ; à défaut du pardon, laisse venir l'oubli » (Alfred de Musset) , mais je sais qu'elle ne m'entendra pas.
En effet Marie, on vit toutes plus ou moins avec nos blessures.
Lorsqu'on est sensible, et c'est mon cas malgré ma personnalité affirmée et mon caractère bien trempé, les cicatrices sont difficiles à guérir.
Dans ce post il y a un peu de moi avec mes fêlures, mais aussi des cas connus qui m'ont interpelée, bref, j'ai eu envie d'écrire là-dessus, et comme un blog est fait pour s'exprimer librement, j'ai eu du plaisir à le faire.
Voilà un txt qui risque de m'epêcher de dormir tranquille. J'aimerais de te demander d'écrire quelquechose de plus précis mais je ne crois pas que ça soit approprié.
Je vous remercie Stella d\\\\\\\\\\\\\\\'avoir créé un lein avce mon blog; c\\\\\\\\\\\\\\\'est d\\\\\\\\\\\\\\\'autant plus risqué étant donné la divergence de nos idées et peut-être le regretterez vous? Quoiqu\\\\\\\\\\\\\\\'il en soit si on reste polis et courtois, ce sera une bonne chose
Encore Merci Stella
Pierre-Charles, soyez assurés que je resterai polie. Toutefois, j'émettrai certainement des opinions différentes assez souvent des vôtres, je voulais vous montrer qu'on peut être à l'opposé et savoir se respecter.
Comme vous avez été correct avec moi, j'ai mis ce lien pour vous montrer mon ouverture, et ouverture ne veut pas dire adhésion !
Effectivement cela doit être beaucoup de souffrances. Dans le fond finalement, ce qui compte c'est vous, et pas les autres.
L'amitié est importante, mais abstraction faite de cette chose merveilleuse, nous sommes des rois, des dieux. Nous disons en nous même nos pensées et c'est cela qui compte.
Le curé d'Ars disait "aujourd'hui j'ai reçu deux lettres, l'une me disait que j'étais un saint, l'autre que j'étais un charlatan. La première ne m'a rien ajouté, la deuxième ne m'a rien enlevé."
Autrement dit, qu'importe que les gens vous écoutent ou non, vous pensez et ça, personne ne peut vous l'enlever. C'est la conquête de notre indépendance.